L'échec de l'interdiction des avertisseurs radar

Souvenez-vous, en mai 2011, le gouvernement Fillon avait pour projet d'interdire purement et simplement les avertisseurs de radar. Sous la pression des constructeurs, qui s'étaient alors regroupés au sein d'un association, l'AFFTAC (Association Française des Fournisseurs et utilisateurs de Technologies d’Aide à la Conduite), le gouvernement a reculé dans son projet, et après réflexion, a décidé de transformer les avertisseurs en "assistants d'aide à la conduite".

Des avertisseurs aux assistants d'aide à la conduite

Quelle différence entre les deux appareils? Physiquement, aucune. La seule différence est dans la base de donnée, à savoir ce qu'elle contient et la précision géographique des informations.

En effet, dans le but de réduire l'efficacité des assistants d'aide à la conduite, le gouvernement avait décidé de deux mesures :

  • la première était de baisser la précision géographique. Au lieu d'indiquer un radar avec précision, les avertisseurs de radar désormais les indique avec une imprécision pouvant aller jusqu'à 4 kilomètres sur autoroute, forçant ainsi le conducteur a réduire plus longtemps son allure;
  • la deuxième était de noyer ces informations utiles par de très nombreuses informations inutiles, qui seraient des portions de route à la dangerosité reconnue.
De plus, chacune de ces zones, que ce soit une zone avec présence de radar ou juste une zone supposée dangereuse, serait présentée de la même façon par les avertisseurs, ce qui fait que le conducteur ne sachant pas s'il se trouve dans une zone à radar ou une zone prétendue dangereuse, réduirait bien plus souvent son allure.

En somme, avec ces mesures, le gouvernement espérait tuer l'efficacité des avertisseurs et les rendre donc inutiles.

La mise en place d'une usine à gaz

Mais c'est ensuite que les choses ont commencé à dérailler. En effet, plutôt que de mettre sur pied une équipe dédiée qui travaillerait à décider des zones dangereuses sur tout le territoire, ou à défaut plutôt que de mettre en place des critères précis pour l'élaboration de ces zones, le gouvernement a tout simplement délégué aux préfets la tâche d'élaboration des zones dans leurs départements ou régions. Sans donner de consignes claires, sans critères communs pour l'élaboration des zones.

Evidemment, ça a été un gros échec. En effet, alors que certains préfets n'ont trouvé qu'une cinquantaine de zones, d'autres en ont trouvé plus de 400. De plus il n'y a aucune cohérence, certains préfets ont intégré des ponts et des tunnels, d'autres des rétrécissements de voies, d'autres encore des réductions de vitesse ou des virages successifs.

Au final, plus de 10000 zones dangereuses ont été définies sur tout le territoire. Trop, puisque dans ces conditions, un avertisseur de radar en mode "assistant d'aide à la conduite" sonnerait presque continuellement pour alerter de la présence d'une zone dangereuse. A tel point, qu'en mars l'AFFTAC a réussi à convaincre le gouvernement de limiter à un maximum de quatre le nombre de zones supposées dangereuses par zone de radar.
Autre demande de l'AFFTAC, une harmonisation des zones entre départements, pour plus de cohérence. Le délégué interministériel à la sécurité routière, Jean-Luc Névache, avait indiqué que ce serait fait pour le 28 juillet 2012, date anniversaire du protocole, les professionnels disposant alors de six mois pour les intégrer. Mais à ce jour les constructeurs n'ont toujours pas reçu les fameuses zones.

Avertisseurs, rien n'a changé

A ce jour donc, rien n'a vraiment changé. Les avertisseurs radar sont juste un peu moins précis, mais ils n'indiquent toujours que les radars, et non de pseudo zones "dangereuses" qui en réalité ne le sont pas plus que l'ensemble du réseau routier. Sur la route, on peut mourir partout, pas seulement dans les zones "dangereuses".

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